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Capharnaüm

La newsletter de Tendre Jeudi

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Édito - 11 septembre 2001

- Jeudi 30 septembre 2021 -

Il y a 20 ans, la merveilleuse ville de New York connaissait un rare épisode de violence. Deux avions s'écrasaient dans les tours jumelles du World Trade Center, laissant le monde entier incrédule.

Une attaque terroriste sans précédent frappait les États-Unis en son cœur. Un 3e avion plongeait sur le Pentagone tandis qu’un dernier s'écrasait en Pennsylvanie.

La riposte à cette horreur mena à une guerre en Irak et en Afghanistan, des centaines de milliers de morts sous les bombes des alliés, et des situations humaines désastreuses.

À l’horreur, nous avons répondu par l'horreur.

J’ai eu le privilège de visiter New York deux fois et j'espère la revoir bientôt. Oui New York a une aura particulière, c’est une ville monde, une ville qui en fait trop, qui est à la fois magique et terrible, elle est ce que l'humanité sait faire de mieux et de pire. New York, ce sont les richesses de ce monde et une pauvreté crasse qui se côtoient dans quelques mètres carrés.

Mais cette ville a quelque chose. J'aimerais dire que ce sont les Knicks ou bien le Pont de Brooklyn, j'aimerais dire que ce sont ses buildings ou bien ses parcs, j’aimerais dire que c’est sa statue géante ou bien Spike Lee, Shirley Clarke, Scorsese ou Peter Fonda, Auster, Roth ou Dorothy Parker, Alicia Keys et tant d'autres, mais au fond, ce qui fait New York, ce sont tous ces inconnus qui la maintiennent debout, ces gens de l’ombre qui s’en occupent, les gens qui ne sont rien comme dirait un Président méprisant, et qui pourtant permettent ce tout.

New York est ce que l'humanité peut faire de plus incroyable, des buildings et des ponts majestueux, mais aussi de pire, gouffre écologique qui brûle la chandelle par les deux bouts.

New York, tant accablée, toujours debout. Fragile et solide à la fois, juste et terriblement injuste.

Comme le dit si bien la chanson de LCD Soundsystem, New York je t'aime, mais tu me fais péter un câble.

Au programme du mois :

Vous l'aurez compris, cette newsletter parlera de New York, histoire de rendre hommage à cette ville particulière, 20 ans après les atrocités commises par Al-Qaida. Outre New York, il y aura en toute fin, comme d’habitude, un peu d'actu!

🥝🥝🥝 on adore / 🥝🥝 on aime / 🥝 on aime un peu / 🥦 on aime très peu

  • le fragment du mois - New York en quelques fragments

  • une nouvelle qui se passe à New York

  • la playlist du mois dédiée à New York, entre Rock, Pop et Jazz.

  • 3 séries pour voir New York

  • 4 BD qui se passent à NYC

  • des romans en vrac qui se déroulent à New York et qui méritent d’être lus

  • à découvrir sur le blog - une sélection de films qui se passent à NYC

  • podcast - De Dune à Dune, Lynch et Villeneuve, se tournent l’épice

  • les délibérations de mon amoureuse

  • un disque, une BD, une série, un film sortis récemment

Image: https://unsplash.com/@sadswim

New York en fragments

Central Park. Ça ne tiendrait qu'à elle, nous traverserions Central Park de long en large et en travers. Elle est subjuguée par ce lieu, ne veut rien manquer. Mais passer davantage de temps ici, c'est en passer moins ailleurs. Le choix est cornélien: faut-il profiter à fond de chaque endroit ou bien en voir le plus possible même superficiellement? Sa réponse est très simple, elle ne choisira pas, nous marcherons vite et nous couvrirons ainsi plus de terrain. Logique implacable. Nous couvrons, nous couvrons. Pause boisson. Il fait chaud. La fin de l'été à New York est particulièrement chaude cette année. Comme l'année dernière et celle d'avant lisons-nous dans un journal acheté dans un distributeur. Les climatiseurs marchent à fond, plus de 30 degrés dehors, 19 dans les magasins, c'est absurde, terriblement stupide.

Empire State Building de nuit. Il est tellement immense. Nous sommes tellement hauts. Il y a du vent au sommet. Elle a peur de s'envoler. Le pourrait-elle? J'en doute. Au pire elle serait retenue par les lourds barreaux en acier. Il faut le vouloir pour se suicider d'ici. Quand on en arrive là, on a la folie de tout j'imagine.

Statue de la Liberté. Elle est magnifique, imposante. Nous entendons qu'elle est française ce qui explique qu'elle soit si belle. Mon amoureuse sourit, elle est française alors elle se sent jolie tout à coup. Elle prend des photos, elle en prend tellement qu'elle pourrait faire une reconstitution en 3D de la statue. C'est une idée.

Chelsea Market. Bâtiment superbement réhabilité, ancienne usine de biscuit devenue marché couvert. Nous avons envie de tout acheter. Dans cette ville, capitale du capitalisme, ce temple de la consommation nous donne envie de dépenser l'argent que nous n'avons pas.

Pont de Brooklyn. Aller. Majestueux, gigantesque. Jamais je n'ai marché sur un pont aussi grand. Je regarde si un monstre n'arrive pas. J'ai vu le film dans l'avion où le monstre géant détruit le pont et tue les gens dessus. Je hâte le pas au cas où.

Pont de Brooklyn. Retour. Nous prenons des photos. Nous avons mangé chez Junior's. Les cheesecakes sont divins. Je ne pense pas à la menace du monstre qui pourrait attaquer le pont. Quand j'ai le ventre plein, j'ai vraisemblablement moins d'angoisses.

Time Square. Il y a de la musique forte. Beaucoup d'écrans et de monde. Tant de lumières. Elle dit que c’est compliqué de prendre des photos.

Métro de New York. Tunnels interminables. Un homme qui dit sortir de prison fait la manche. Je crois qu’on vient de passer la station qui explose dans Die Hard 3. Le mec dit qu’il faut l'aider, sinon il risque de retourner en prison. Je lui donne un dollar et il me regarde avec mépris.

Met. Le musée est sublime. Les collections sont incroyables. Mais ça reste moins bien que Le Louvres. Et c'est plus petit. C'est tellement français de notre part. Mais ça fait du bien d'être les meilleurs de temps en temps.

Lire d’autres Fragments

Parenthèse new-yorkaise

une courte nouvelle

Une nouvelle (courte, promis, 3 pages A4, max) qui se passe à New York.

Lire la nouvelle

Une playlist hommage

Un échantillon de chansons qui parlent de New York

En une heure, on se prive de beaucoup de bons morceaux. J’ai choisi de varier un peu entre des musiques connues, quelques classiques, et des morceaux plus obscures. C’est bien évidemment une playlist qui me ressemble et qui j'espère vous plaira.

Au programme, il n’y aura pas Alicia Keys et Jay Z (même si je crois qu’il existe une vidéo de karaoké où j’interprète malencontreusement Alicia Keys tandis qu’un camarade réalise un flow parfait en lieu et place de Jay Z), il n’y aura pas Liza Minnelli ou Frank Sinatra, mais il y aura Stevie Wonder, car peut-être ne le saviez-vous pas, mais le morceau qui ouvre cette playlist parle bien de NYC. De même pour Lou Reed! Il y aura aussi un peu de Jazz qui raconte New York, et puis nous finirons sur Bruce Springsteen, l’enfant du New Jersey voisin, dont la chanson que vous allez découvrir a été écrite avant les attentats, ne parle pas de NYC pourtant, mais qui est devenue malgré elle emblématique de ce drame.

Ecouter la playlist

🥝🥝🥝 on adore / 🥝🥝 on aime / 🥝 on aime un peu / 🥦 on aime très peu

3 séries pour voir New York

Et qui y sont tournées.

J’ai déjà parlé dans cette newsletter de Modern Love (dont la saison 2 est sortie il y a quelques semaines), de High Fidelity ou encore de Master Of None, qui toutes se déroulent et ont été tournées à New York. J'innove avec 3 nouveaux conseils de séries un peu plus vieilles mais indispensables!

🥝🥝 How To Make It In America

Le rêve américain connaît bien des obstacles. Le talent ne suffit pas, parfois les bonnes rencontres aident aussi. Et parfois il ne faut pas grand chose pour basculer du mauvais côté… Récit de 2 losers magnifiques (et fauchés) qui veulent monter leur ligne de vêtements, How To Make It In America est une fresque drôle parfois, réaliste, loin de tout faste bling bling et qui montre un New York moins chatoyant. Dommage qu’elle ne connaisse que 2 courtes saisons.

🥝🥝🥝 Bored To Death

Un écrivain qui n’a pas d'idée pour son 2e roman, va se lancer comme détective privé sans licence, persuadé que ça l’aidera à trouver l'inspiration…
Complètement névrosé, notre écrivain (joué par le génial Jason Schwartzman) va entraîner ses amis (Ted Danson et Zach Galifianakis hilarants et stupides au possible) dans des situations plus rocambolesques les unes que les autres. Une œuvre en équilibre entre Woody Allen et Wes Anderson.

🥝🥝 Girls

Elles sont parfois détestables, souvent paumées, égoïstes, font des erreurs, essaient de changer, essaient d'être elles-mêmes mais ce n’est pas toujours génial. Elles essaient de s’aimer et d'en aimer d’autres… Bref, elles sont humaines et elles essaient de devenir adulte.
Girls est une très belle série sur un groupe de jeunes femmes qui se cherchent, qui prétendent parfois être ce qu’elles ne sont pas vraiment en espérant le devenir… Drôle, incisive, résolument féministe, Girls est une série cash qui n’essaie pas de faire semblant. Le casting est formidable, et a révélé un immense acteur: Adam Driver.

4 BD qui se passent à New York

New York sert souvent de décors aux comics, Spiderman en tête, Daredevil, Luke Cage, Captain America, ou inspire des villes imaginaires (la Gotham de Batman). Et puis il y a des œuvres plus intimes, peut-être plus intéressantes pour mieux connaître New York. En voici 4.

🥝🥝🥝 À l'ombre des tours mortes - Art Spiegelman

Art Spiegelman, l’auteur derrière le mastodonte Maus (🥝🥝🥝) publie après les attentats du 11 septembre 10 immenses planches regroupées dans un livre. Pas simples à appréhender, elles montrent néanmoins l'immensité du talent de l'auteur pour les arts. Mélangeant les techniques graphiques, il arrive à exprimer son mal-être face aux attentats, mais aussi aux guerres lancées par Bush et sa clique. Une claque visuelle. Un artiste juste et engagé.

🥝🥝 The New York Four - Brian Wood & Ryan Kelly

La force de ce récit sur 4 jeunes femmes qui fréquentent l’Université de New York, est qu’il ne s’adresse pas nécessairement à un public jeune. Il ne prend jamais le lecteur de haut, les auteurs, qui avaient pourtant pour tâche de réaliser un comic book à l’attention des adolescentes, s’en sortent à merveille et offrent une lecture plus adulte du sujet, presque sociologique. La qualité principale de cette BD, c’est justement de parler sans concession, sans fantasme, sans cliché, de ces 4 femmes qui entrent dans l’âge adulte avec panache, échecs, désillusions, réussites, bref, qui commencent à être adultes.
New York sert de toile de fond, elle est la ville de tous les possibles, entre amours, déceptions et amitiés. Un très beau récit qu’on a du mal à lâcher sur des femmes attachantes qui grandissent et se libèrent.

🥝🥝🥝 Les entrailles de New York - Julia Wertz

C’est peut-être le meilleur bouquin à se procurer pour connaître New York autrement. Cette BD au graphisme sublime montre un autre New York vu par une de ses habitantes. Julia Wertz aime New York et la dessine avec passion. Le travail graphique sur l’architecture de Big Apple est d’une précision chirurgicale tout en apportant une véritable patte personnelle.
On découvre alors plein de récits historiques, parfois loufoques, des quartiers, des rues, des gens. C’est dense (pas mal de texte), mais la qualité de la documentation, la qualité de l’écriture et du dessin font de ce comic book un indispensable dans une bibliothèque de tout fan de voyage (et de BD et de New York)!

🥝🥝 Chroniques new-yorkaises - Akino Kondoh

Mangaka installée à New York, Akino Kondoh tient un journal sur sa vie à Big Apple. L’intérêt de cette œuvre tient dans les parallèles que fait l’autrice entre sa culture (japonaise) et sa découverte des traditions, habitudes et mœurs new-yorkaises.
C’est plutôt beau, frais, très sympathique. Il y règne une certaine bonne humeur. On voit cette femme qui se raconte évoluer, devenir adulte, s’émanciper de son identité pour en développer une autre à base de ce qu’elle était et de ce qu’elle devient. Il y a du merveilleux dans ces douces chroniques. Ça fait du bien!

Romans en vrac

qui se passent à New York

🥝🥝🥝 C’est comment l'Amérique? - Frank McCourt : le livre qui m’a donné le goût de l’écriture.
🥝🥝 Brooklyn Follies - Paul Auster: très sympathique roman mineur de Paul Auster.
🥝🥝🥝 Last Exit to Brooklyn - Hubert Selby Jr. : tellement difficile, tellement sublime.

À découvrir sur le blog

Films qui se passent à New York

Dans cette spéciale New York, je me sens un peu obligé de partager de nouveau cet article issu de mon blog. L’occasion pour vous de regarder des films qui se passent à NYC, mais aussi, parce que je suis sympa, j’y ajoute les lieux les plus symboliques où se déroulent ces films avec liens vers Google Maps, du coup, vous pourrez vous y balader virtuellement en attendant de pouvoir vous y rendre par vous-même!

Lire l’article

Podcast

Amphigouri #3 - De Dune à Dune, Lynch et Villeneuve se tournent l'épice

En ce mois de septembre 2021, le Dune de Villeneuve est enfin sorti! Nous avons donc décidé de parler non seulement de l'adaptation de Villeneuve, mais aussi de celle de Lynch, afin de pourquoi pas la réhabiliter un peu!

Les délibérations de mon amoureuse

[Podcast] 🥝🥝🥝 Avortement, le pouvoir du médecin, du cintre à la canule - La série documentaire, France Culture : pour ne jamais oublier les droits des femmes
[Roman] 🥝🥝 Huit crimes parfaits - Peter Swanson : polar riche en références et en meurtres.
[Récit journalistique] 🥝🥝🥝 J’irai danser à Orlando - Philippe Corbé : pour ne pas oublier la tuerie homophobe d’Orlando

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Un disque, une BD, une série, un film sortis récemment

[Musique] saupoudrée de sucre

🥝🥝🥝 Strawberry Mansion - Langhorne Slim

Langhorne Slim s’est fait connaître du grand public en 2012 avec l’excellente chanson The Way We Move. 9 ans plus tard (et un album entre temps, Langhorne Slim revient avec un double album qui mélange sonorités Folk et Country. Le résultat est étonnant, la voix du chanteur s'adapte parfaitement aux deux genres. Album personnel, Slim y raconte son anxiété (la chanson Panic Attack est peut-être la meilleure de l'album), mais aussi son rapport à ce monde étrange et aux gens. Musicalement, on pense parfois à Bob Dylan (à ses débuts avec cette voix éraillée et la guitare), c’est subtil, très beau, parfaitement maîtrisé.

Ecouter l’album

[BD] à lire entre midi et deux ou quand vous voulez. Mais à lire.

🥝🥝🥝 Les nouvelles aventures de Lapinot, Midi à quatorze heures - Trondheim

J’aime Lapinot et son auteur depuis plus de 20 ans grâce à la bibliothèque de mon lycée qui possédait tous les exemplaires alors sortis à l'époque. L’une des grandes forces de Trondheim est qu’il est un grand dialoguiste, ce qui confère à ses BD une identité spécifique. Quand on lit Lapinot, on se marre, mais on réfléchit aussi. Les concepts absurdes imaginés poussent à la réflexion. Comme ici, tenter d’assassiner le Président pour appeler à la légitime défense lors du procès car les politiques tuent en ne faisant rien pour le climat. À méditer (mais pas à reproduire!).

Si Astérix a son Obélix, Lapinot a, lui, son Richard. Personnage qui dit tout, sans retenue ni tabou. Il apporte l’effet comique par ses diatribes acerbes, se moque de tout, se libère des normes sociales pour tout exprimer. On aimerait avoir son courage (ou sa bêtise, ça reste à définir).

Trondheim, qui au début des années 2000 s'interrogeait sur le vieillissement des auteurs de BD dans un essai brillant (Désœuvré 🥝🥝🥝) peut être rassuré. Il vieillit très bien!

Dernière [Série] avant la fin du monde

🥝 Y, le dernier homme

Tous les hommes sont morts. Sauf un.

Adaptée de la superbe BD du même nom (🥝🥝🥝) créée par Brian K. Vaughan, la série reprend le principe du comic book: tous les hommes sont mystérieusement décédés. Tous? Non, un homme résiste à ce mystérieux mal mais doit composer dans un monde où il est le seul et unique être avec un chromosome Y en vie.

Le 1er épisode aurait pu donner le ton d’une grande série, mais les 2 épisodes d'après sont très mollassons… J’ai un peu peur du syndrome Walking Dead avec des épisodes coups de poing entrecoupés de trop nombreux épisodes lents et avec peu d’intérêts. On espère que tout cela deviendra vite intéressant car le sujet a tout pour faire une grande série.

[Film] documentaire chaudement recommandé

🥝🥝🥝 The Summer of Soul - Ahmir Khalib Thompson (dit Questlove)

En 1969, un festival de musique devient culte: Woodstock attire près de 500000 personnes et devient le concert le plus extraordinaire jamais réalisé. Au même moment, non loin de là, à Harlem, New York, se déroule un tout autre festival qui rassemble durant tout l'été 300000 personnes. Il est filmé, attire les plus grands artistes Noirs-Américains de l'époque mais tombe aux oubliettes. Personne n’en veut.

Questlove réhabilite le festival à travers un documentaire puissant sur la place des Noirs dans la société américaine. Un festival qui tendait à rendre sa fierté à tout un peuple opprimé en pleine période des droits civiques, et qui en 2021 résonne encore tristement.

Un documentaire essentiel qui redonne un peu de sa mémoire à l'histoire oubliée des Noirs-Américains.

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